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Les études scientifiques sur les échecs et le cerveau : la bibliographie commentée

Mis à jour le 18 octobre 2026 · Rédaction How To Play Chess · Études vérifiées dans les revues d'origine

Face à la multitude d'articles, quelle étude sur les échecs et le cerveau faut-il croire ? Cette page rassemble les 25 travaux cités sur le site, de la cohorte française PAQUID à l'essai anglais sur 4 009 élèves, avec leur revue, leur effectif, leur type et leur niveau de preuve. Pour le lecteur de Suisse romande comme pour les autres : les associations avec un meilleur vieillissement sont réelles mais non causales, les effets sur l'intelligence sont faibles, et les études sur les troubles (TDAH, schizophrénie) restent des pilotes.

Niveau de preuve : degré de confiance qu'on peut accorder à un résultat selon la manière dont l'étude a été conduite. Une méta-analyse d'essais randomisés se situe en haut de l'échelle ; une étude sans groupe témoin ou un chiffre jamais publié, en bas.

Le tableau de toutes les études

Toutes les études citées sur le site
ÉtudeRevue, annéeParticipantsTypeNiveau de preuve
Dartigues et al., 2013BMJ Open, 20133 675 personnes de 65 ans et plus (cohorte PAQUID, Gironde et Dordogne)Cohorte observationnelle, suivi de 20 ansModéré (association)
Verghese et al., 2003New England Journal of Medicine, 2003469 personnes de plus de 75 ans vivant à domicile (Bronx Aging Study, New York)Cohorte observationnelle, suivi médian de 5,1 ansModéré (association)
Wilson et al., 2002JAMA, 2002801 religieuses, prêtres et frères catholiques âgés (Religious Orders Study, États-Unis)Cohorte observationnelle, suivi moyen de 4,5 ansModéré (association)
Wu et al., 2023JAMA Network Open, 202310 318 Australiens de 70 ans et plus (étude ASPREE-ALSOP)Cohorte observationnelle, suivi d'environ 10 ansModéré (association)
Lillo-Crespo et al., 2019International Journal of Environmental Research and Public Health, 201921 articles retenusRevue de la littérature (scoping review)Faible (synthèse d'études hétérogènes)
Woods et al., 2023 (Cochrane)Cochrane Database of Systematic Reviews, 202337 essais, 2 766 personnes atteintes de démence légère à modéréeRevue systématique d'essais randomisésModéré à élevé
Devanand et al., 2022NEJM Evidence, 2022107 personnes (âge moyen 71 ans) avec trouble cognitif légerEssai randomisé en simple aveugle, 78 semainesModéré (petit essai)
Livingston et al., 2024 (Commission du Lancet)The Lancet, 2024Synthèse internationaleRapport d'experts fondé sur des méta-analysesSynthèse de référence
Burgoyne et al., 2016Intelligence, 2016Méta-analyse d'études publiéesMéta-analyse corrélationnelleÉlevé (pour une corrélation)
Bilalić, McLeod et Gobet, 2007Intelligence, 200757 jeunes joueurs (dont 23 dans un sous-groupe d'élite)Étude transversaleFaible à modéré (petit échantillon)
Sala et Gobet, 2016Educational Research Review, 201624 études, 40 tailles d'effet (2 788 élèves en groupe échecs, 2 433 témoins)Méta-analyseModéré
Sala et Gobet, 2017Current Directions in Psychological Science, 2017Synthèse de méta-analysesRevue de méta-analysesÉlevé
Sala, Foley et Gobet, 2017Frontiers in Psychology, 2017Revue critiqueRevue de la littératureSynthèse
Jerrim et al., 2018 (essai EEF)Journal of Human Resources, 20184 009 élèves de 9-10 ans, 100 écoles anglaisesEssai randomisé par écoles (financé par l'Education Endowment Foundation)Élevé
Aciego, García et Betancort, 2012The Spanish Journal of Psychology, 2012170 élèves de 6 à 16 ans en club d'échecs, 60 en football ou basketÉtude quasi expérimentale sur une année scolaireFaible à modéré
Chase et Simon, 1973Cognitive Psychology, 19733 joueurs (un maître, un joueur confirmé, un débutant)Expériences de mémorisationFondateur (petit effectif)
Gobet et Simon, 1996Memory & Cognition, 1996Joueurs de niveaux variésExpériences de mémorisationModéré
Amidzic et al., 2001Nature, 2001Joueurs de niveau club à grand maîtreMagnétoencéphalographie pendant des parties contre un ordinateurFaible (petite étude d'imagerie)
Bilalić et al., 2011Journal of Neuroscience, 2011Experts et novicesIRM fonctionnelleFaible à modéré
Duan et al., 2012NeuroImage, 2012Maîtres et grands maîtres d'échecs chinois (xiangqi) et novicesIRM structurelle et fonctionnelle de reposFaible à modéré
Hänggi et al., 2014Neuropsychologia, 201420 joueurs experts et 20 témoinsIRM morphométrique et de diffusionFaible à modéré
Blasco-Fontecilla et al., 2016Revista de Psiquiatría y Salud Mental, 201644 enfants et adolescents de 6 à 17 ans avec TDAH (Madrid), 42 jusqu'au boutÉtude pilote ouverte, sans groupe témoinFaible
Troubat et al., 2009European Journal of Applied Physiology, 200920 joueurs de club (hommes)Étude physiologique pendant des partiesFaible (descriptif)
Fuentes-García et al., 2019Frontiers in Psychology, 201916 joueurs (hommes)Étude expérimentale transversaleFaible
Demily et al., 2009Schizophrenia Research, 200926 patients stabilisésLettre à la revue (étude pilote)Très faible

Le bilan en cinq phrases

  1. Vieillissement : quatre grandes cohortes associent les jeux de réflexion à moins de démences, mais aucun essai n'a montré que les échecs protègent ; l'association s'explique en partie par d'autres facteurs.
  2. Démence déclarée : la stimulation cognitive en général apporte un petit bénéfice (revue Cochrane 2023) ; les échecs n'y ont pas été testés isolément.
  3. Intelligence : le QI est modestement lié au niveau aux échecs, et les cours d'échecs n'améliorent pas de façon démontrée le QI ou les résultats scolaires.
  4. Cerveau et mémoire : l'expertise transforme la perception et la mémoire des positions, ce qui prouve l'apprentissage mais pas un bénéfice de santé.
  5. Troubles : TDAH, schizophrénie, autisme, anxiété ne disposent que d'études pilotes ou d'aucune étude contrôlée.

Existe-t-il des essais contrôlés sur les échecs et la démence ? À notre connaissance, non : la revue de Lillo-Crespo et de ses collègues (2019) n'en a trouvé aucun portant spécifiquement sur les échecs chez des personnes malades. Les seuls essais randomisés de cette bibliographie portent sur la stimulation cognitive en général, les mots croisés et l'école.

Vieillissement, démence et stimulation cognitive

Dartigues et al., 2013 · BMJ Open · DOI 10.1136/bmjopen-2013-002998

Playing board games, cognitive decline and dementia: a French population-based cohort study

Qui
3 675 personnes de 65 ans et plus (cohorte PAQUID, Gironde et Dordogne)
Type
Cohorte observationnelle, suivi de 20 ans · niveau de preuve : Modéré (association)
Résultat
Les joueurs réguliers de jeux de société (32 % de l'échantillon) ont un risque de démence 15 % plus faible (HR 0,85) après ajustement sur l'âge, le sexe, le niveau d'études et l'état de santé. L'écart n'est plus significatif quand on tient compte du score cognitif initial et de la dépression (HR 0,96).
Ce que l'étude ne dit pas
Pratique déclarée une seule fois, sans fréquence ni durée ; les échecs ne sont pas isolés des cartes, du loto ou des dames ; causalité inverse possible.

Verghese et al., 2003 · New England Journal of Medicine

Leisure activities and the risk of dementia in the elderly

Qui
469 personnes de plus de 75 ans vivant à domicile (Bronx Aging Study, New York)
Type
Cohorte observationnelle, suivi médian de 5,1 ans · niveau de preuve : Modéré (association)
Résultat
124 démences au cours du suivi. La lecture, les jeux de société, la pratique d'un instrument et la danse sont associés à un risque plus faible ; chaque point du score d'activités cognitives correspond à un risque réduit de 7 % (HR 0,93).
Ce que l'étude ne dit pas
Échantillon modeste ; activités déclarées ; pas de chiffre propre aux échecs.

Wilson et al., 2002 · JAMA

Participation in cognitively stimulating activities and risk of incident Alzheimer disease

Qui
801 religieuses, prêtres et frères catholiques âgés (Religious Orders Study, États-Unis)
Type
Cohorte observationnelle, suivi moyen de 4,5 ans · niveau de preuve : Modéré (association)
Résultat
111 cas de maladie d'Alzheimer. Chaque point supplémentaire d'activité cognitive (lecture, jeux, etc.) est associé à un risque réduit d'environ un tiers (HR 0,67) ; une personne très active (90e centile) a un risque inférieur de 47 % à une personne peu active (10e centile).
Ce que l'étude ne dit pas
Population très particulière (religieux, niveau d'études élevé) ; les auteurs rappellent que la causalité n'est pas établie.

Wu et al., 2023 · JAMA Network Open

Lifestyle Enrichment in Later Life and Its Association With Dementia Risk

Qui
10 318 Australiens de 70 ans et plus (étude ASPREE-ALSOP)
Type
Cohorte observationnelle, suivi d'environ 10 ans · niveau de preuve : Modéré (association)
Résultat
Les « activités mentales actives » (jeux, cartes ou échecs, mots croisés, puzzles) sont associées à un risque de démence 9 % plus faible par niveau de fréquence (HR 0,91) ; les activités de lecture-écriture, 11 % (HR 0,89). Les activités sociales ne sont pas associées au risque.
Ce que l'étude ne dit pas
Volontaires en bonne santé, presque tous d'origine européenne ; causalité inverse non exclue.

Lillo-Crespo et al., 2019 · International Journal of Environmental Research and Public Health · DOI 10.3390/ijerph16122116

Chess Practice as a Protective Factor in Dementia

Qui
21 articles retenus
Type
Revue de la littérature (scoping review) · niveau de preuve : Faible (synthèse d'études hétérogènes)
Résultat
Les échecs paraissent plus prometteurs en prévention, chez des personnes sans diagnostic, qu'après un diagnostic de démence, où peu de résultats existent.
Ce que l'étude ne dit pas
Aucun essai randomisé spécifique aux échecs chez des personnes malades n'a été trouvé.

Woods et al., 2023 (Cochrane) · Cochrane Database of Systematic Reviews · DOI 10.1002/14651858.CD005562.pub3

Cognitive stimulation to improve cognitive functioning in people with dementia

Qui
37 essais, 2 766 personnes atteintes de démence légère à modérée
Type
Revue systématique d'essais randomisés · niveau de preuve : Modéré à élevé
Résultat
La stimulation cognitive (en général une vingtaine de séances de groupe sur une dizaine de semaines) apporte probablement un petit bénéfice cognitif, équivalent à environ six mois de déclin évité, ainsi que des effets sur la communication et l'humeur.
Ce que l'étude ne dit pas
Peu de données sur les programmes longs ; les échecs ne sont pas étudiés en tant que tels.

Devanand et al., 2022 · NEJM Evidence · DOI 10.1056/EVIDoa2200121

Computerized Games versus Crosswords Training in Mild Cognitive Impairment

Qui
107 personnes (âge moyen 71 ans) avec trouble cognitif léger
Type
Essai randomisé en simple aveugle, 78 semaines · niveau de preuve : Modéré (petit essai)
Résultat
Les mots croisés en ligne font mieux que des jeux cognitifs informatisés sur l'échelle ADAS-Cog à 12 et 78 semaines, avec moins d'atrophie cérébrale à l'IRM.
Ce que l'étude ne dit pas
Petit effectif ; pas de groupe sans activité ; ne concerne pas les échecs.

Livingston et al., 2024 (Commission du Lancet) · The Lancet

Dementia prevention, intervention, and care: 2024 report of the Lancet standing Commission

Qui
Synthèse internationale
Type
Rapport d'experts fondé sur des méta-analyses · niveau de preuve : Synthèse de référence
Résultat
14 facteurs de risque modifiables (dont le faible niveau d'études, la perte d'audition, l'isolement social, l'inactivité physique, le LDL-cholestérol et la perte de vision non corrigée) ; environ 45 % des démences seraient en théorie évitables ou retardables. Le rapport de 2020 en comptait 12 et estimait cette part à 40 %.
Ce que l'étude ne dit pas
Estimation théorique qui suppose que chaque facteur est causal ; les jeux de réflexion ne figurent pas parmi les facteurs.

Intelligence, QI et école

Burgoyne et al., 2016 · Intelligence

The relationship between cognitive ability and chess skill: A comprehensive meta-analysis

Qui
Méta-analyse d'études publiées
Type
Méta-analyse corrélationnelle · niveau de preuve : Élevé (pour une corrélation)
Résultat
Corrélation moyenne entre capacités cognitives et niveau aux échecs d'environ 0,24 (0,22 après le corrigendum de 2018). Le lien avec le raisonnement fluide est plus net chez les jeunes (0,32) que chez les adultes (0,11), et chez les joueurs non classés (0,32) que chez les joueurs classés (0,14).
Ce que l'étude ne dit pas
Une corrélation ne dit pas si l'intelligence aide à progresser ou si les échecs la développent.

Bilalić, McLeod et Gobet, 2007 · Intelligence · DOI 10.1016/j.intell.2006.09.005

Does chess need intelligence? A study with young chess players

Qui
57 jeunes joueurs (dont 23 dans un sous-groupe d'élite)
Type
Étude transversale · niveau de preuve : Faible à modéré (petit échantillon)
Résultat
La quantité de pratique est le premier facteur du niveau ; le QI (WISC-III) en explique une petite part. Dans le sous-groupe d'élite, le QI n'est plus un facteur significatif, car les enfants au QI plus faible s'y entraînaient davantage.
Ce que l'étude ne dit pas
Effectif réduit, enfants britanniques uniquement.

Sala et Gobet, 2016 · Educational Research Review

Do the benefits of chess instruction transfer to academic and cognitive skills? A meta-analysis

Qui
24 études, 40 tailles d'effet (2 788 élèves en groupe échecs, 2 433 témoins)
Type
Méta-analyse · niveau de preuve : Modéré
Résultat
Effet global modéré (g = 0,34), plus marqué en mathématiques (0,38) qu'en lecture (0,25), et plus fort quand les cours durent plus longtemps.
Ce que l'étude ne dit pas
Aucune étude n'avait le plan idéal (groupe témoin sans activité et groupe témoin actif) : l'effet placebo n'est pas exclu.

Sala et Gobet, 2017 · Current Directions in Psychological Science · DOI 10.1177/0963721417712760

Does far transfer exist? Negative evidence from chess, music, and working memory training

Qui
Synthèse de méta-analyses
Type
Revue de méta-analyses · niveau de preuve : Élevé
Résultat
Les effets des cours d'échecs, de musique ou d'entraînement de la mémoire de travail sur d'autres compétences sont petits et diminuent à mesure que la qualité méthodologique augmente : le transfert lointain est rare.
Ce que l'étude ne dit pas
Porte surtout sur les enfants et les compétences scolaires.

Sala, Foley et Gobet, 2017 · Frontiers in Psychology · DOI 10.3389/fpsyg.2017.00238

The Effects of Chess Instruction on Pupils' Cognitive and Academic Skills: State of the Art and Theoretical Challenges

Qui
Revue critique
Type
Revue de la littérature · niveau de preuve : Synthèse
Résultat
Les effets rapportés sont modestes ; une durée minimale de 25 à 30 heures de cours semble nécessaire pour observer quelque chose, et les études avec groupe témoin actif ne montrent pas d'avantage net.
Ce que l'étude ne dit pas
Les auteurs appellent à des essais mieux contrôlés.

Jerrim et al., 2018 (essai EEF) · Journal of Human Resources

Does Teaching Children How to Play Cognitively Demanding Games Improve Their Educational Attainment? Evidence from a Randomized Controlled Trial of Chess Instruction in England

Qui
4 009 élèves de 9-10 ans, 100 écoles anglaises
Type
Essai randomisé par écoles (financé par l'Education Endowment Foundation) · niveau de preuve : Élevé
Résultat
30 heures de cours d'échecs en 2013-2014 (une heure par semaine) : aucun effet mesurable sur les résultats en mathématiques, en lecture ou en sciences un an plus tard (taille d'effet de 0,01 en mathématiques).
Ce que l'étude ne dit pas
Un seul programme, une seule durée ; les effets sur le plaisir ou la concentration en classe n'étaient pas l'objet principal.

Aciego, García et Betancort, 2012 · The Spanish Journal of Psychology

The Benefits of Chess for the Intellectual and Social-Emotional Enrichment in Schoolchildren

Qui
170 élèves de 6 à 16 ans en club d'échecs, 60 en football ou basket
Type
Étude quasi expérimentale sur une année scolaire · niveau de preuve : Faible à modéré
Résultat
Progrès plus nets du groupe échecs au WISC-R et sur des mesures de résolution de problèmes et d'adaptation socio-affective, selon les élèves et leurs enseignants.
Ce que l'étude ne dit pas
Les élèves ont choisi leur activité (pas de tirage au sort) ; les auteurs notent que le profil des enfants qui choisissent les échecs pèse sur les résultats.

Mémoire et expertise

Chase et Simon, 1973 · Cognitive Psychology

Perception in chess

Qui
3 joueurs (un maître, un joueur confirmé, un débutant)
Type
Expériences de mémorisation · niveau de preuve : Fondateur (petit effectif)
Résultat
Après 5 secondes d'observation, le maître replace bien plus de pièces que les autres sur une position de partie ; sur une position aléatoire, tous ne retrouvent que trois ou quatre pièces en moyenne.
Ce que l'étude ne dit pas
Trois participants ; résultats confirmés depuis par de nombreuses études.

Gobet et Simon, 1996 · Memory & Cognition

Recall of random and distorted chess positions: Implications for the theory of expertise

Qui
Joueurs de niveaux variés
Type
Expériences de mémorisation · niveau de preuve : Modéré
Résultat
La mémoire des positions repose sur des schémas liés à leur emplacement ; l'estimation habituelle d'environ 50 000 « chunks » stockés par un maître est compatible avec les données. Les experts gardent un petit avantage même sur des positions brouillées.
Ce que l'étude ne dit pas
Mesure une mémoire spécialisée, pas la mémoire en général.

Imagerie du cerveau

Amidzic et al., 2001 · Nature · DOI 10.1038/35088119

Pattern of focal γ-bursts in chess players

Qui
Joueurs de niveau club à grand maître
Type
Magnétoencéphalographie pendant des parties contre un ordinateur · niveau de preuve : Faible (petite étude d'imagerie)
Résultat
Chez les amateurs, l'activité gamma se concentre dans le lobe temporal médian (analyse de coups nouveaux) ; chez les grands maîtres, dans les cortex frontal et pariétal, ce que les auteurs interprètent comme la récupération de schémas stockés en mémoire.
Ce que l'étude ne dit pas
Interprétation des régions encore discutée ; comparaison transversale.

Bilalić et al., 2011 · Journal of Neuroscience · DOI 10.1523/JNEUROSCI.5727-10.2011

Many faces of expertise: fusiform face area in chess experts and novices

Qui
Experts et novices
Type
IRM fonctionnelle · niveau de preuve : Faible à modéré
Résultat
L'aire fusiforme, connue pour la reconnaissance des visages, s'active davantage chez les experts devant des positions d'échecs complètes et réalistes : ils perçoivent l'échiquier « d'un bloc ».
Ce que l'étude ne dit pas
Montre une spécialisation acquise, pas un bénéfice de santé.

Duan et al., 2012 · NeuroImage

Reduced caudate volume and enhanced striatal-DMN integration in chess experts

Qui
Maîtres et grands maîtres d'échecs chinois (xiangqi) et novices
Type
IRM structurelle et fonctionnelle de repos · niveau de preuve : Faible à modéré
Résultat
Les experts ont un noyau caudé plus petit et une connexion plus forte entre ce noyau et le « réseau du mode par défaut ».
Ce que l'étude ne dit pas
Porte sur les échecs chinois ; transversal : on ne sait pas si la différence précède ou suit l'entraînement.

Hänggi et al., 2014 · Neuropsychologia · DOI 10.1016/j.neuropsychologia.2014.07.019

The architecture of the chess player's brain

Qui
20 joueurs experts et 20 témoins
Type
IRM morphométrique et de diffusion · niveau de preuve : Faible à modéré
Résultat
Volume de substance grise et épaisseur corticale plus faibles chez les joueurs dans la jonction occipito-temporale et le précunéus ; différences dans un faisceau de substance blanche (faisceau longitudinal supérieur) liées au classement Elo.
Ce que l'étude ne dit pas
Les auteurs écrivent eux-mêmes qu'on ignore si ces différences sont la cause ou la conséquence de la pratique.

Attention, stress et santé mentale

Blasco-Fontecilla et al., 2016 · Revista de Psiquiatría y Salud Mental

Efficacy of chess training for the treatment of ADHD: A prospective, open label study

Qui
44 enfants et adolescents de 6 à 17 ans avec TDAH (Madrid), 42 jusqu'au bout
Type
Étude pilote ouverte, sans groupe témoin · niveau de preuve : Faible
Résultat
11 séances hebdomadaires d'une heure, en groupe : le score de sévérité SNAP-IV rempli par les parents passe de 39,3 à 31,0 ; 38 % des familles notent une baisse d'au moins 30 %.
Ce que l'étude ne dit pas
Pas de groupe témoin ni de tirage au sort ; seuls les parents notent les symptômes ; 61 % des enfants prenaient aussi un traitement.

Troubat et al., 2009 · European Journal of Applied Physiology · DOI 10.1007/s00421-008-0908-2

The stress of chess players as a model to study the effects of psychological stimuli on physiological responses

Qui
20 joueurs de club (hommes)
Type
Étude physiologique pendant des parties · niveau de preuve : Faible (descriptif)
Résultat
Pendant la partie, la fréquence cardiaque monte à 75-86 battements par minute et la balance du système nerveux penche vers l'activation sympathique ; l'organisme passe progressivement des glucides aux graisses comme carburant.
Ce que l'étude ne dit pas
Petit groupe masculin ; ne mesure pas une dépense de plusieurs milliers de calories.

Fuentes-García et al., 2019 · Frontiers in Psychology · DOI 10.3389/fpsyg.2019.00409

Differences Between High vs. Low Performance Chess Players in Heart Rate Variability During Chess Problems

Qui
16 joueurs (hommes)
Type
Étude expérimentale transversale · niveau de preuve : Faible
Résultat
La variabilité de la fréquence cardiaque baisse quand les problèmes deviennent difficiles ; elle reste plus élevée chez les joueurs qui résolvent le plus de problèmes.
Ce que l'étude ne dit pas
Très petit échantillon ; groupes définis par la réussite au test, pas par le classement.

Demily et al., 2009 · Schizophrenia Research

The game of chess enhances cognitive abilities in schizophrenia

Qui
26 patients stabilisés
Type
Lettre à la revue (étude pilote) · niveau de preuve : Très faible
Résultat
Après une dizaine d'heures d'échecs (deux séances d'une heure par semaine pendant cinq semaines), le groupe échecs progresse davantage sur des tâches de planification.
Ce que l'étude ne dit pas
Très petit effectif, publication courte ; aucun effet sur les symptômes de la maladie n'est démontré.

Comment ces études ont été vérifiées

Nous avons contrôlé chaque référence en octobre 2026 à la source : résumé publié sur PubMed ou PubMed Central, page de la revue, bibliothèque Cochrane, ou texte intégral en accès libre. Les effectifs et les chiffres repris ici sont ceux des articles, non ceux des communiqués de presse, qui les arrondissent ou les simplifient souvent. Lorsqu'une source primaire est restée hors d'atteinte, comme le reportage du Spiegel de 1987 sur le QI de Garry Kasparov, nous le signalons dans la page concernée.

Plusieurs chiffres très répandus n'apparaissent pas dans ce tableau, faute de source : les QI attribués à Magnus Carlsen ou à Bobby Fischer, les « points de QI gagnés en quatre mois », ou la croissance des dendrites chez les joueurs. Ils sont discutés dans la page idées reçues sur les échecs et la santé.

Pour aller au-delà des études scientifiques et approfondir le jeu lui-même, le Palais des Échecs propose une sélection de livres pour approfondir les échecs, de l'initiation à la stratégie. En Suisse, la Fédération Suisse des Échecs (FSE-SSB) reste le meilleur point de départ pour rejoindre un club : de quoi passer de la lecture à la pratique.

Retrouvez les pages de synthèse par thème : Alzheimer, stimulation cognitive, seniors et EMS, réserve cognitive, QI, enfants, mémoire, cerveau, TDAH, autisme, stress, jeux pour muscler son cerveau.

Questions fréquentes

Quelles études montrent les bienfaits des échecs ?

Les cohortes PAQUID (Dartigues et al., 2013), Bronx Aging Study (Verghese et al., 2003), Religious Orders Study (Wilson et al., 2002) et ASPREE (Wu et al., 2023) associent les jeux de réflexion à un meilleur vieillissement cognitif. Les études sur l'expertise montrent une mémoire et une perception spécialisées. Aucune ne prouve un effet médical des échecs.

Existe-t-il des essais contrôlés sur les échecs et la démence ?

À notre connaissance, non. La revue de Lillo-Crespo et ses collègues (2019) n'a trouvé aucun essai randomisé portant spécifiquement sur les échecs chez des personnes atteintes de démence. Les essais disponibles concernent la stimulation cognitive en général.